Vieux appareils électroniques et sécurité électrique.


Le problème des anciens appareils électroniques (radios, hi-fi vintage, téléviseurs...), qui sont reliés au réseau secteur, est que leur câblage interne ne correspond pas (plus) aux normes de sécurité actuelles.

On retrouve souvent quelques défauts relativement faciles à éliminer. Bien sûr, on doit ainsi renoncer à une petite part «d'authenticité»... Mais bon! si vous collectionniez les voitures des années 20, voudriez-vous encore vous en servir avec le système de freinage en état original? Je ne pense pas. Il faut bien admettre une adaptation minimale, où alors se résoudre à conserver des appareils muets!

Cette page a été crée initialement pour donner des conseils à propos des anciennes radios, mais cela s'applique aussi aux anciens appareils hi-fi ou télévision... Remise à jour en mars 2018 pour cette raison.

Il est possible d'agrandir certaines photos pour voir les détails...


entrée de câble

Le cordon secteur et son entrée dans l'appareil (ici une radio années 30) :

Le câble (souvent isolé avec de la toile) est dans la quasi-totalité des cas à remplacer! Ici risque de contact direct (si on touche un des fils dont l'isolant est mauvais) ou indirect si un de ces fils vient à toucher le châssis. Le câble devrait passer à travers la tôle via un passe-fil isolant. L'intégrité doit être vérifiée, et au besoin, ce passe- fil doit être remplacé. Attention également à ce que le câble ne puisse s'arracher hors du châssis...


connecteur secteur

Arrivée secteur sur connecteur:

Si l'arrivée se fait sur un petit connecteur à deux pôles en bakélite, le laisser s'il est toujours intact. C'est un bon système de connexion, d'autant plus que ce connecteur est solidaire du panneau de fond. C'était déjà prévu avec une idée de sécurité : si on ôte le panneau de fond, l'appareil n'est plus alimenté. Dans ce cas-ci, il faut juste remplacer le câble s'il est en mauvais état...


protection transfo

Protection du transformateur:

Le transformateur d'alimentation de tout appareil doit être protégé contre les surcharges et les court-circuits.Le calibre du fusible dépend bien sûr de la puissance du transformateur, pas toujours facile à évaluer. On pourra évaluer la puissance du transfo en fonction du nombre de lampes présentes... Un 4-5 lampes consomme rarement plus de 50 Watts. Cela fera un fusible de 250 ou 315mA, pour une tension d'alimentation de 230V. Un récepteur plus conséquent aura un transfo plus gros, placer un 500 ou 630mA. Ces fusibles seront à action retardée (type T). 

Voir aussi la page " sécurité" à propos des fusibles !


câblage interne

Le câblage interne:

Vérifier l'isolation des conducteurs véhiculant les tensions élevées. L'interrupteur général (souvent couplé au potentiomètre de volume, ou au clavier à partir des années 50) doit aussi être vérifié. Attention, certaines radios étaient équipées d'un auto-transformateur: les enroulements primaire et secondaires sont confondus, et il y a passage entre le secteur et les secondaires! Ces radios sont aussi dangereuses que les modèles «tous-courants», voir plus bas dans cette page!


isolants



Un autre cas de câblage interne :

Dans cet ampli des années 30 on retrouve la dégradation typique des anciens isolants de conducteurs électriques. Certains, en caoutchouc, sont pourris et se désagrègent. D'autres  sont devenus cassants (isolant en toile vernie) et enfin certains sont totalement déssèchés.

De plus, un appareil trouvé en cet état nécessitera un sérieux contrôle d'isolation, afin d'être certain que le transformateur soit toujours bon ! On voit des traces de brûlé autour... En fait, lors de la restauration de cet appareil il s'est avéré que ce transformateur a été remplacé dans le passé ! Les traces de brûlé sont de celui d'origine, qui a du sérieusement chauffer avant de claquer !


Test d'isolation:

On peut contrôler à l'aide d'un ohmètre l'absence de contact direct entre le châssis et les conducteurs, cepandant, un vrai test d'isolation ne peut se faire qu'à l'aide d'un testeur spécifique générant une tension de test élevée. Un de ces testeurs d'isolation sur la photo... Les radios à lampes sont des appareils type classe 1 (avec mise à la terre); l'isolation doit «tenir» une tension de test de 500 Volts. Ceci ne concerne évidemment pas les radios «tous-courants» (ou alimentées par un auto-transformateur); voir ci-plus bas...
Il ne peut y avoir aucun passage entre le châssis et les conducteurs secteur! Votre sécurité en dépend!

Vous trouverez la description d'une réalisation d'un tel testeur (avec schéma) sur ce site, ici...


prise de terre

La prise de terre:

Les anciennes radios nécessitent une mise à la terre. A cet effet, on trouve une douille de connexion à l'arrière du châssis. Toutefois, il est souvent intéressant de réaliser cette connexion via le (nouveau) câble secteur. Personnellement, j'utilise du câble à 3 conducteurs et une fiche 2 pôles + broche de terre. On veillera à réaliser une bonne jonction entre le conducteur vert/jaune du câble et le châssis métallique.


Sforzando



Un autre cas :

Cet amplificateur A.D. Audio, à transistors, est muni d'un châssis métallique. Cepandant, cet appareil ne peut pas être considéré comme un "double isolation". 

Il existe bien une douille "earth", connectée au châssis, mais le cordon secteur ne comporte pas de conducteur de terre. En cas de défectuosité du câblage interne, l'utilisateur pourrait recevoir un choc électrique ! Voir le câblage interne ci-dessous.


Sforzando



Le câblage interne côté "secteur" de cet ampli ne peut en aucun cas être qualifié de double isolation...

Cet appareil a été remis en ordre sur ce point lors de sa restauration.

cablage secteur


Encore un autre cas :

Cet appareil japonais date de la première moitié des années 80, et le symbole de la double isolation (un grand carré contenant un autre plus petit) est mentionné sur le coffret. 

Pourtant ce n'est pas tout à fait vrai : les connexions secteur ne sont pas isolées dans le boîtier, métallique. Bon ici c'est fait proprement et avec des conducteurs eux-même à double isolation. Tant que tout cela reste en ordre, pas de danger réel...


condensateurs réseau

Condensateurs "secteur" :

Une particularité souvent rencontrée dans les radios anciennes est la présence de condensateurs entre les connexions secteur et le châssis. Dans la plupart des cas, ils sont défectueux! Utilisez ici uniquement des condensateurs des classe Y1 ou Y2 : seuls ces condensateurs peuvent être utilisés entre phases secteur et terre, ont une capacité limitée à 4.7nF, et sont concus de telle manière à ne pas se mettre en court-circuit en cas de défectuosité interne. Ne jamais utiliser ici des condensateurs ordinaires, ou encore des condensateurs «secteur» type X ou X1/X2. Ces condensateurs sont concus pour être utilisés entre phases uniquement!

Parfois aussi, une phase secteur est ramenée aux bornes d'antenne via un condensateur, pour utiliser le réseau secteur comme antenne... N'utilisez pas cette configuration (qui de toutes facons fonctionne très mal!) et supprimez ce(s) condensateur(s)...


Le cas des radios «tous-courants»

Certaines radios ne disposaient pas d'un transformateur d'alimentation, et pouvaient être alimentées aussi bien en alternatif qu'en continu. Ces radios sont particulièrement dangereuses car une connexion du secteur est directement raccordée au châssis! Danger d'électrocution! Si vous tenez absolument à utiliser ces radios, alors faites-le uniquement avec un transformateur d'isolation.

Le principe de fonctionnement de l'alimentation de ces radios est de redresser et filtrer directement le secteur pour générer la tension continue, avec une valve mono-alternance. Si la tension secteur est continue (cela existait dans le temps), il fallait trouver la bonne polarité, en inversant la fiche...(!)

Un exemple de schéma...

alimentation TC

Sur le schéma, les points noirs correspondent à des connexions au châssis! Ici il est fait utilisation d'une valve double alternance. La seconde moitié sert à générer la tension d'exitation pour le haut-parleur (BeKr). Le repère «+ V» correspond au point positif de la haute-tension continue d'alimentation. Les filaments de chauffage des lampes sont connectés en série, directement sur le secteur aussi. Si le poste est commuté pour fonctionner en 230V d'imposantes résistances chutrices sont placées en série dans les lignes d'alimentation; et ces résistances chauffent!

Un autre système...

alimentation TC

Sur certains postes, c'est le cordon-secteur qui servait de résistance! Ici, pour utiliser cette radio en 110V, on utilise un câble ordinaire et on ponte une partie de la résistance. En 220V, il fallait utiliser un câble résistant et ne pas placer le pontage sur les résistances!

Pour l'utilisation d'un tel poste, il est préférable de le laisser en 110V et de l'alimenter via un transfo de séparation de circuits 230/110V. Ces appareils sont particulièrement dangereux, n'entreprendre le dépannage que si le principe de fonctionnement de l'alimentation est parfaitement compris! Il est plus que souhaitable de disposer du schéma (ou d'en faire le relevé), ainsi que de vérifier totalement ce câblage avant de tenter le remise sous tension. La même prudence s'impose aussi dans le cas d'un appareil avec auto-transformateur!


Siera KM1

Téléviseurs anciens :

Attention ici ! Ces appareils sont doublement (voire triplement) dangereux. Explication ci-dessous...

Ci-contre, un appareil couleurs de première génération avec le "fameux" châssis KM1 : bi standard couleur (PAL et SECAM) mais aussi plusieurs standards noir et blanc (y compris le 819 lignes français)... Commutation automatique des standards ! Un des châssis les plus complexes jamais construit. Mixte lampes et transistors.... Le cauchemar des dépanneurs de l'époque !

Tout d'abord, on trouve la THT pour l'anode du tube cathodique : de 15kV sur un petit téléviseur et jusque 35kV sur les premiers tubes "couleur" ! Bien sur c'est de faible intensité.... mais suffisante pour ressentir un de ces chocs, voire pire. Ne pas oublier non plus que le tube se comporte comme un condensateur et qu'il peut resté "chargé" un bon moment après coupure de l'appareil ! Sans parler des très anciens téléviseurs (avant 1950 environ) qui avaient un condensateur de lissage dans le circuit THT ! Danger ! 

Ensuite, le second souci est que beaucoup de téléviseurs, jusque dans les années 70, ont eu un châssis dit "chaud" (même ceux totalement à transistors) : c'est le même principe qu'une radio tout courants (voir ci-dessus) ! Il y a eu des téléviseurs avec transformateurs dans les années 50-60 mais ce n'était pas fréquent. Le châssis est donc relié directement au secteur, ou par l'intermédiaire d'un redresseur ! Prudence ! La connexion d'antenne était isolée par des condensateurs céramiques à fort isolement.
Cela a disparu avec la généralisation des alimentations à découpage et l'arrivée des prises SCART / Peritel, début des années 80. Avec ces prises, on retrouvait la connexion de masse de l'appareil disponible sur une des broches.., Ces prises pemettaient de raccorder les signaux audio et vidéo vers des magnétoscopes, amplis extérieurs, consoles de jeux... Il n'était évidemment plus pensable de trouver ici une quelconque connexion au réseau électrique ! 

Et enfin, plus spécifiquement dans les premiers appareils couleurs, on trouve une THT particulièrement élevée : 30-35kV. Et le redressement + stabilisation de cette tension sont ici réalisés avec des lampes ! Ces lampes, à ce niveau de tension, peuvent générer des rayons X. Sur la photo ci-dessus on peut voir, à droite, une boîte métallique contenant ces deux lampes (redressement et régulation). Cette boîte fait office de blindage contre ces rayonnements, potentiellement ionisants (et donc ayant un impact possible sur la santé). Cette boîte de blindage est munie ici d'un interrupteur de sécurité, stoppant l'alimentation de l'appareil si ouverte. L'intégrité de ce blindage, et du switch, doit être vérifié lors du dépannage de tels engins !

Et enfin, dans les vieux téléviseurs, il y a un autre danger d'un autre ordre : le tube cathodique. Jusque dans les années 60 ces tubes n'étaient pas protégés contre le risque d'implosion. Ces anciens téléviseurs avaient presque toujours une vitre de protection devant le tube... En effet, un tel tube ne contient que du vide, pas une trace d'air. La pression atmosphérique excerce donc une forte contrainte sur le verre du tube. Bien sur cela a été "dimensionné pour"... Mais lors de manipulations ou de dépannages, faire fort attention à ne pas brutaliser ces tubes, ou leur faire subir des chocs. L'implosion d'un tel tube est particulièrement dangereuse, des morceaux de verre partent dans tous les sens ! De même, avant de mettre un tel téléviseur en déchetterie, il conviendrait de neutraliser le tube, généralement en brisant la soudure du verre, au niveau des connexions électriques, la par ou le vide a été réalisé. C'est une opération dangereuse malgré tout, faire fort attention !!


Lire aussi la page générale sur la sécurité électrique au labo...


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