Réalisation d'un commutateur audio hi-fi, première partie


Commutateur audio


Voici une réalisation destinée à l'animation d'une des parties de mon projet de musée, quand il verra le jour.

En effet, il est prévu de re-créer dans l'expo un petit auditorium, comme on en voyait tant dans les années 70. Du matériel y sera exposé, et sera en fonctionnement. Il sera possible d'y entendre différents couples amplis-enceintes.

Mais voilà : l'idéal serait d'automatiser un peu cela, pour que la source sonore soit automatiquement commutée sur les différents "couples" enceintes-amplis. Et bien entendu, faire cette automatisation dans l'esprit de l'époque (les années 70), c'est à dire avec magnétophones et systèmes analogiques! Mettre ici un système basé sur un ordinateur, avec fichiers numériques, serait anachronique.

Retour donc à l'enregistrement sur bande magnétique et aux montages d'alors, en technologie discrète! Ca tombe bien : j'adore.


Commutateur audio


Voici le schéma bloc de cet ensemble.

Deux pièces principales : la magnétophone, qui va lire les pistes audio et de codage, et le commutateur audio qui va envoyer le signal de démonstration vers les différents amplis aux moments choisis.

Bien sur le codage ne sera pas enregistré sur les mêmes pistes que le signal sonore. La logique de décodage va recevoir ces signaux, les décoder et commuter les différentes sorties audio. Ceci permettra d'avor un synchronisme entre la bande-son de la démonstration et les différents appareils en service.

Il faudra évidemment pouvoir enregistrer les signaux sur la bande, pour préparer la démonstration. Le montage devra donc comporter un codeur, et pouvoir envoyer les signaux vers le magnétophone.

Le magnétophone est un appareil quadriphonique de l'époque. La différence avec un "4 pistes" traditionnel est que ce type de magnéto est capable de lire les 4 pistes simultanément. Il dispose donc de 4 sorties : avant gauche, arrière gauche, avant droit et arrière droit. Et, bien entendu, d'autant d'entrées pour l'enregistrement. Ces magnétophones ont été construits à l'époque de la restitution quadriphonique, entre 1973 et 1978 environ...

Deux pistes vont donc être utilisées pour le signal stéréo, ce sera les pistes 1 et 3, comme sur un magnétophone classique. Ceci permettra même de préparer la bande-son sur un autre magnétophone, non quadriphonique. Les pistes 2 et 4 seront disponibles pour l'enregistrement du signal de codage. A la lecture, seule une de ces pistes sera lue (pour éviter un mélange de signaux pouvant avoir des amplitudes légèrement différentes), mais rien n'empêche d'enregistrer le signal sur ces deux pistes.

Akai GX-270-SS


Tout d'abord, il faut un magnétophone adéquat, qui ne soit pas non plus un monstre de studio mais tout en étant de bonne qualité quand même.

Et un tel magnétophone quadriphonique, on trouve encore cela?

Eh bien oui, sur Ebay et parfois pas bien loin de chez soi...

C'est un bel Akaï type GX-270D-SS de 1978 que j'ai déniché. Il est comme neuf d'aspect, et livré avec un bon paquet de bandes de qualité, dont certaines jamais déballées! Cette marque a produit de très bons appareils, avec des performances tout à fait honorables. Les 3 têtes sont en ferrite, quasiment inusables.

Akai GX-270-SS


Bien que très beau d'aspect, il nécessite certainement une bonne révision. Commençons par la...

Belle mécanique, à trois servos-moteurs : un par bobine, et un pour le cabestan. Celui de gauche est caché par la plaquette avec le sélecteur de tension.

Akai GX-270-SS


Vue rapprochée sur un des servos. Leur synchronisme est assuré par une électronique assez complexe.

Une très fine couche de poussière à l'intérieur, mais vraiment rien de grave. Il provient assurément d'une personne très soigneuse.

Akai GX-270-SS


Le servo-moteur du cabestan.

Akai GX-270-SS


Vue de devant, avec la façade démontée. La seule courroie présente dans cet appareil est celle du compteur mécanique.

Le support des trois têtes est une belle mécanique, très solide.

Les touches de commandes des servo-mécanismes sont un peu dures, c'est pratiquement le seul souci de cette machine. Toutes les commandes sont électriques, et pilotent la mécanique par des petits servo-mécanismes.

Un appareil bien construit, et conçu pour durer.

Akai GX-270-SS


Démontage du clavier de commande, enlèvement des anciennes graisses et nouveau graissage. Rien de bien grave...

Akai GX-270-SS


Le voila réparé, plus qu'à le refermer.

Point de vue qualité sonore, ok, c'est pas du Revox mais à 19cm/s le son est tout à fait acceptable et très agréable. L'essai fut réalisé en enregistrant des CD, et en commutant entre les positions "tape" et "source", pour entendre la différence entre le son "traversant" l'électronique de l'appareil et celui enregistré sur la bande (écoute juste après l'enregistrement puisque cet appareil est à trois têtes). La différence entre le signal d'origine et celui enregistré est minime à l'oreille. C'est avec l'oreille qu'on va l'écouter et non pas avec un oscilloscope, un analyseur de spectre audio ou encore un distorsiomètre...

Cet engin conviendra parfaitement pour l'usage prévu !

© Radiocollection.be, Thierry Magis 2013


La suite de cette réalisation

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